ROCKPALAST WDR Studio L - Cologne 16 octobre 19761. Pistol Slapper Blues
2. Too Much Alcohol
3. Out On The Western Plain
4. Banker's Blues
5. Rag Mama Rag
6. Nothing But The Devil
7. Going To My Hometown
8. I Take What I Want
9. Calling Card
10. Secret Agent
11. Do You Read Me
12. Bought And Sold
13. Country Mile
14. Jacknife Beat
15. Boogie
Le 16 octobre 1976, c’est la première apparition de Rory Gallagher à l’émission de la télé allemande Rockpalast, une émission enregistrée en public et diffusée sur la chaîne WDR à partir de 1974.
Le programme est présenté par Albrecht Metzger, et Rory apparaît d’abord seul. En effet, il va jouer d’abord un set acoustique en solo.
Rory s’installe, salue le public et annonce
Pistol Slapper Blues, reprise de Blind Boy Fuller qui est à son répertoire depuis 1971. Rory joue désormais ce titre (qu’il a fait sien) sur sa National Triolian, dont le son s’apparente à un banjo, ce qui donne une couleur très intéressante à ce titre.
Rory garde sa National et la réaccorde pour interpréter
Too Much Alcohol , une reprise du bluesman JB Hutto, immortalisée (mais dans une version électrique) sur l’album Irish Tour ’74. Rory n’a joué Too Much Alcohol à la guitare électrique et en groupe que pendant peu de temps (jusqu’à la mi 74 environ) : ensuite, il a interprété ce titre en solo sur sa National, et la version qui est offerte ici est brillante et pleine de feeling.
Après la National, Rory empoigne sa Martin D35 pour exécuter une superbe version de
Out On The Western Plain, titre de Leadbelly, le « King of the 12 strings guitar » comme le présente ici Rory. Il ajoute ensuite qu’il va l’interpréter sur une guitare 6 cordes, avec un accordage celtique (en l’occurrence le DADGAD). Quand l’Irlande rencontre le Far West…
Quatrième titre et quatrième reprise, cette fois de Big Bill Broonzy,
Banker’s Blues , paru sur l’album Blueprint. Sans doute une des meilleures versions de ce titre joué par Rory (également sur sa Martin D35), tant le phrasé est subtil et brillant. Rory est un bluesman, un vrai.
Rory attribue ensuite le titre suivant
Rag Mama Rag à Big Bill Broonzy, mais c’est un titre de Blind Boy Fuller. Là encore, la version de Rory est superbe, quelle dextérité ! Il ne copie pas stérilement les grands bluesmen mais s’approprie leurs morceaux avec sincérité en en faisant à chaque fois une lecture libre, passionnée et personnelle.
Rory reprend sa National pour interpréter une reprise d’un blues de Lightnin’ Slim,
Nothing But The Devil. Une version là encore magnifique, supérieure même à celle filmée à Lille le 25 juillet 75 au studio Lambersart (qui était jouée celle-ci sur sa Martin). Rory joue de la slide la guitare sur les genoux, comme avec une lap steel.
Rory prend ensuite sa mandoline Martin et demande au reste du groupe de le rejoindre, pour interpréter une version torride de
Going To My Hometown, l’hymne gallagherien par excellence !
Après ce fantastique set acoustique, Rory se retrousse les manches et va chercher sa mythique Fender Stratocaster 1961 pour attaquer un set électrique brûlant.
Ce set commence avec une version puisssante de
I Take What I Want, reprise de Sam & Dave (ou de James & Bobby Purify), titre issu de l’album Against The Grain. Rory a les doigts qui le démange…
Le quartette continue avec
Calling Card, fantastique compo de Rory parue sur l’album du même nom, le dernier en date. Rory joue magnifiquement, bien soutenu par une section rythique impeccable et le riff de basse de Gerry McAvoy.
Autre énorme titre de l’album Calling Card, le grandiose
Secret Agent, sur lequel Rory joue de superbes parties de slide sur sa Strat et où il éxécute un duckwalk à la Chuck Berry !
Le groupe enchaîne avec
Do You Read Me, une compo funky de Rory qui ouvre l’album Calling Card.
Retour à l’album précédent (Against The Grain) pour une version de
Bought And Sold, malheureusement un peu lestée par la guitare un peu désaccordée de Rory. Mais avec son métier, il s’en sort !
Après s’être réaccordé, Rory continue de défendre sur scène son tout dernier album avec
Country Mile, une compo au rythme compulsif. Là encore, il exécutive de jouissives parties de slide sur sa Strat et Rod De’Ath se déchaîne !
S’ensuit une version d’un titre que j’aime beaucoup,
Jacknife Beat, une compo funky à souhait. Malherueusement, le début de cette version est également lesté par des problèmes de justesse. Cette version est apparemment une des toutes premières jouées en public ( la première enregistrée live en tout cas). Au fur et à mesure du morceau, tout s’arrange, et tout décolle enfin. Rory intègre même des licks de "A Million Miles Away".
Sans transition, Rory lance un boogie furieux et descend vers le public, avant de jouer sur les genoux. Ce titre est un rockab jouissif, idéal pour clôturer ce concert mémorable.
Bref, un concert splendide, avec notamment un formidable set acoustique, dans lequel Rory s’approprie littéralement les reprises qu’il interprète. On peut notamment réaliser quel guitariste acoustique il était. Et le set électrique n’est pas en reste : puissance, énergie, feeling, tout est là, avec un Rory au sommet de son art accompagné par un groupe très affûté qui réagit au quart de tour. Indispensable.