
1. Laundromat - 4'38
2. Just the Smile - 3'41
3. I Fall Apart - 5'12
4. Wave Myself Goodbye - 3'30
5. Hands Up - 5'25
6. Sinner Boy - 5'04
7. For the Last Time - 6'35
8. It's You - 2'38
9. I'm Not Surprised - 3'37
10. Can't Believe It's True - 7'16
Bonus tracks de la réédition de 1999: 1. Gypsy Woman - 4'02
2. It Takes Time - 3'34
Après le split douloureux de Taste fin 70, Rory monte un trio avec le bassiste et le batteur du groupe Deep Joy, respectivement Gerry McAvoy et Wilgar Campbell.
Cette formation, la première mouture du Rory Gallagher Band, va rapidement entrer en studio (dès février 71) pour enregistrer ce qui va donner l’album éponyme.
Et ce premier album est magnifique : titres électriques, acoustiques, jeu en slide, en open tuning, harmonica et même saxophone, tout le savoir-faire de Rory est là, c’est un artiste mature, et il n’a que 23 ans!
Ses compositions sont inspirées, et la section rythmique (augmentée sur 2 morceaux par Vincent Crane, le pianiste du groupe Atomic Rooster dont le frère de Rory, Donal Gallagher, a été un temps le manager début 71) est efficace et sobre, Pourtant, Gerry n’a que 18 ans !
L’album commence fort, avec une excellente composition rock,
Laundromat, dont les paroles renvoient à la période Taste. Avec son riff ravageur, ce titre va devenir un standard live (on le retrouvera d’ailleurs sur le Live In Europe.
Suit
Just The Smile, superbe composition acoustique en open-tuning, très fine, une de mes préférées de l’album. La section rythmique est discrète, fine, pour un titre à la couleur folk celtique. Rory montre ici ses talents de guitariste acoustique, et il chante parfaitement.
I fall Apart est tout aussi fin et émouvant, c’est une superbe ballade, avec un solo tout en retenue et plein de feeling, montrant si besoin qu’il n’est pas juste une fine lame de la 6 cordes.
Retour à l’acoustique avec
Wave Myself Goodbye, un blues joué en duo Guitare/Piano avec Vincent Crane. Ce dernier joue dans un style honky tonk, et cette compo aurait pu parfaitement s’intégrer dans un album des Stones.
L’album se poursuit avec
Hands Up, que Rory jouait déjà avec Taste. Titre rock puissant, il démontre les qualités de soliste de Rory, qui joue un premier solo en accord avant de plomber un second solo fantastique. Wilgar Campbell est parfaitement à l’aise.
Autre titre que Rory jouait auparavant avec Taste :
Sinner Boy (ce titre est d’ailleurs présent sur le Live at The Isle Of Wight de Taste, qui sortira en 72). Cette belle compo permet d’entendre Rory Gallagher à la slide, et il est incontestablement un des plus grands joueurs de slide de sa génération.
L’album se poursuit avec
For The Last Time, qui évoque la séparation de Taste. Superbe blues, on en trouve une version encore supérieure dans le double CD BBC Sessions.
Plus léger,
It’s You est un titre acoustique dans une veine country dans lequel Rory a overdubbé de la slide et dans lequel on entend pour la première fois de la mandoline, instrument qu’il utilisera souvent, notamment en concert.
Second duo avec Vincent Crane,
I’m Not Surprised est un bon titre également.
L’album original se finissait avec
Can’t Believe It’s True, magnifique composition, dont la couleur jazz est renforcée par l’utilisation du sax alto enregistré par Rory en overdub. Son solo de guitare est original et il se permet le luxe de jouer également un solo de sax, comme il l’avait fait sur On The Boards, le second (et dernier album) de Taste.
Les 2 bonus tracks ajoutés au Remaster sont excellents :
Gypsy Woman est une reprise de son idole Muddy Waters, et sa reprise est superbe, brillante. Rory ne singe pas Muddy, il joue ce titre à la slide avec énormément de feeling, montrant qu’il a assimilé le Blues.
Après Muddy, c’est au tour du bluesman Otis Rush d’être repris par le groupe, avec le fameux
It Takes Time, et là encore, Rory montre sa connaissance du Blues : à 23 ans, c’est un bluesman à part entière.
Ce premier album éponyme est donc un coup de maître : Rory dépasse ce qu’il a produit avec Taste, affirme sa personnalité et ses goûts musicaux et compose tous les titres, qui vont du blues au jazz en passant par la country et le folk. Un album indispensable.