A la réécoute,
Stage Struck est vraiment un album puissant: quelle énergie déployée par le trio!
Pour autant, cet album aurait pu être bien meilleur:
- Le mix n'est pas terrible, et le son aurait pu être meilleur. Il est froid, et il y a des différences de son entre les titres, donnant un peu un aspect "compilation" à cet album (rappelons que le s titres proviennent de différetns concerts enregistrés lors de la tournée mondiale 1979-1980). Et à cet égard, le Remaster n'a pas apporté grand chose, hormis les 2 bonus tracks.
- la quasi absence de paroles entre les titres renforce l'aspect froid de ce live.
- l'aspect hard-rocker de Rory est mis en avant (pour des raisons de mode?), avec un choix de titres orientés hard. Mais ça n'est qu'un des aspects de la musique, comme en témoigne les concerts qu'il donnait à l'époque.
Rory a indiqué qu'il aurait préféré un double LP, mais que pour des raisons de coût, ça ne s'est pas fait (cf son interview à la page précédente).
Résultat: l'album est par trop monolithique, il manque un titre lent, un blues, et/ou un titre acoustique, qui aurait aéré et affiné l'album. C'est d'ailleurs pour ça que l'album a été accompagné en Angleterre d'un single:
Hellcat/Nothing But The Devil, titres qui auraient avantageusement remplacé
"Brute Force & Ignorance" par exemple.
Comme Rory, qui n'était que moyennement satisfait de cet album et de son concept, j'aurais préféré que sorte officiellement un album live enregistré à l'époque dans un ou deux clubs, live qui aurait été bien plus représentatif de ce qu'il faisait à l'époque, et à la fois plus cohérent en terme de setlist et de son.
Car
Stage Struck est à l'origine d'un certain malentendu: s'il est vrai que Rory a durci sa musique à la fin des seventies et en particulier à partir de l'arrivée de Ted McKenna, ses concerts étaient malgré tout très variés, et sa musique loin d'être uniquement hard: il y avait toujours des titres blues, blues-rock, acoustiques etc.
Bref,
Stage Struck est un "album-leurre", qui est à écouter en ayant à l'esprit que la tonalité hard de l'album résulte du choix de titres opéré, et non d'un profond changement d'orientation musicale de la part de Rory, lequel n'a jamais abandonné le blues, le folk et le rock, même avec Ted McKenna.
C'est donc un album à ne pas écouter isolément, mais à rapprocher des 2 autres lives officiels (
"Live In Europe" et Irish Tour '74"): ces 3 lives montrent en effet les diverses facettes de Rory, et doivent être donc pris comme un tout.