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Roland Van Campenhout est né en 1942 dans la région d’Anvers, dans cette Belgique qui constitue pour le jazz et ses dérivés venus des Etats-Unis une fantastique tête de pont pour la conquête de l’Europe.
Son père fait partie d’un jazz band et Roland baigne dans cet univers musical. Il tâte de la guitare dès son plus jeune âge et découvre le rock and roll : Elvis Presley, Gene Vincent, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins, Little Richard et autres Chuck Berry.
Le rock blanc et le rock noir.
Cela l’amène à s’ouvrir au folk, à la country, au blues, via Dylan et Chicago !
Roland, dans les années 60, monte un skiffle group, influencé par Lonnie Donnegan, qui, en Grande-Bretagne, préfigure la venue des Beatles, Rolling Stones et autres.
Roland, qui n’est pas insensible à ce déferlement, fait ses premières armes avec Derroll Adams, l’une des figures mythiques du folk et du blues. Ce musicien américain installé en Belgique, l’initie, le prend comme guitariste. Sur scène et sur disque.
Ferre Grignard lui accorde son amitié, l’entraîne dans tous les clubs et bistrots d’Anvers, comme De Muze, là où l’on vit la musique et le protest song.
En 1969, avec son groupe le Blues Workshop, Roland, à l’affiche du festival de blues de Deurne (Anvers), s’impose aux côtés de Chicken Shack, Fleetwood Mac, Nice, Yes, Colosseum…
Reconnu, fêté, Roland, avec l’insolence du talent, évolue alors allègrement dans le blues, le rock, le folk, la country, avec quelques incursions dans le jazz. Il signe des musiques de film, écrit pour le théâtre, collabore avec des auteurs de BD, fréquente peintres et auteurs, tel Hugo Claus, multiplie les expériences.
Personnage attachant, personnalité emblématique de la scène belge flamande, Roland, artiste complet, la tête dans la musique et pas dans les affaires, enregistre pour un producteur indépendant deux albums distribués par CBS. La major américaine expédie un télex à sa filiale belge. Après audition de ces albums, elle veut s’attacher cet artiste. Mais il est déjà trop tard, Roland est déjà sous d’autres cieux.
Roland, joue, accompagne, héberge, chez lui à Gand, tous les folksingers ou bluesmen qui transitent par la Belgique : Tim Hardin, Martin Carthy, John Martin, Louisiana Red, Alex Campbell, Sony Land Slim ou encore James Booker, le Maître de Dr John.
Et encore Arno, avec lequel il crée Charles et les Lulus et qui produit, en 2003, l’album « Lime & Coconut », Wannes Vandevelde, Beverly Joe Scott, et bien sûr, Rory Gallagher qui passe six mois chez lui.
Leur rencontre date de 1974...
John Lee Hooker, quelque temps avant sa mort, reçoit Roland dans sa maison des environs de San Francisco, durant de longues heures !
Normal, Roland est né à Boom ! Boom Boom Boom Boom !
Le soir même, dans un club de la ville, il entame la conversation avec une grosse dame. C’est une infirmière du Tennessee, en stage sur la Côte Ouest. C’est elle, qui quelques mois plus tôt, a fermé les yeux de Carl Perkins… Il n’y a pas de hasard ! dit Roland.
Roland, toujours inclassable, entre Gand, Singapour, Bruxelles et Mombassa, avec Yunassi, lauréat du concours Next Big Thing de la BBC avec lequel il enregistre « The Great Atomic Power » en 2005, quarante ans plus tard, trente six albums plus loin, (aucun n’est jamais sorti en France !) soutenu par son complice Steven De Bruyn, l’harmoniciste talentueux d’El Fish, extraordinaire groupe de blues belge, parcourt inlassablement les scènes…
Aujourd’hui, Roland est de retour avec « Never Enough » produit par Tom Van Laere alias Admiral Freebee."
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